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Les quartiers durables Vauban et Rieselfeld à Fribourg en Brisgau : des modèles de développement urbain

Contre culture à Fribourg
Les deux quartiers durables de Fribourg que sont Vauban et Rieselfeld sont nés de la mobilisation des habitants en réaction à l’installation d’une centrale nucléaire aux portes de la ville ainsi que de la forte pression de la demande en logements fin des années 80. La mise en place des quartiers s’est faite parallèlement à l’alliance emplois/environnement (tout ce qui est bon pour l’environnement est bon pour l’emploi : isoler, améliorer les équipements comme les chaudières et enfin introduire au besoin les énergies renouvelables pour se chauffer, cuisiner et s’éclairer) qui a favorisé l’installation d’un nombre croissant d’entreprises et de chercheurs dans la région. La présence d’universités de renom n’est pas étrangère à cette alliance. Les entrepreneurs saisissent l’opportunité journalière d’exploiter leur expertise à Vauban et Rieselfeld. Globalement, on peut dire que ces quartiers durables ont profité d’une émulation généralisée pour les énergies renouvelables dans un contexte préoccupant de réchauffement climatique et d’épuisement des gisements d’énergies fossiles, véritables menaces planétaires. Les autorités communales ont emboîté le pas à la préoccupation générale de l’Allemagne de consommer mieux et moins. Alléger à terme les factures énergétiques des ménages reste un élément déclencheur de ces nouvelles manières de gérer les ressources dont nous avons tous besoin.

Les quartiers durables sont une expression de la volonté des autorités de changer les modes de vie et de consommation des habitants pour un meilleur respect de l’environnement à travers l’exploitation de divers savoir faire qui s’expriment, comme nous le verrons, dans l’architecture du bâti, la gestion de l’espace public, la mobilité des usagers, la responsabilisation des résidents vis-à-vis de nouvelles pratiques quotidiennes environnementales de même que dans la mise en œuvre de collaborations entre partenaires publics et privés et dans la valorisation incontestable de connaissances industrielles et de l’emploi local.

Illustration du concept de quartier durable à travers deux réalisations
Le quartier Vauban
30 hectares. 5.500 habitants à terme.
« Nous faisons le monde que nous voulons » figure comme devise de ce quartier durable situé à trois kilomètres du centre ville de Fribourg. Construit sur le site d’anciennes casernes militaires françaises, le terrain a subi une reconversion structurelle qui a débuté en 1994. Caractéristique particulière : le quartier est aujourd’hui fermé aux voitures.
Le quartier Rieselfeld
Situé à l’ouest de Fribourg sur une superficie de 70 hectares attenante à un vaste terrain en friche de 320 hectares dont 250 sont classés en réserve naturelle. Ce terrain a accueilli pendant plus d’un siècle les eaux usées d’une partie de la ville de Fribourg. Après analyses, il fut déclaré constructible et assaini. 4200 appartements et quelques maisons accueillent actuellement près de 9.500 habitants pour 11.500 attendus à terme. La zone n’est pas fermée aux voitures, contrairement au quartier Vauban. 50% des logements sont des logements sociaux.

Caractéristiques de ces quartiers
Le tram a fait son apparition dans ces quartiers dès l’arrivée des premiers habitants afin que les bonnes habitudes de transport se prennent le plus rapidement possible. Dans les deux quartiers, on observe des similitudes sur divers plans.

1. Planification de l’urbanisme
La planification tous les deux ans du projet d’urbanisme permet l’introduction d’adaptations au niveau de l’affectation des sols au cours de l’ensemble du phasage des travaux d’aménagement de la zone. Rien n’est donc jamais figé pour que les plans des quartiers puissent être modifiés si cela s’avère nécessaire. Les travaux sont programmés par phase et permettent un réajustement du cahier des charges. Ce plan inclut une densification règlementée de l’habitat plus on se rapproche du centre ville. Si l’on regarde de plus près, le bâti est composé de constructions passives dont l’orientation plein sud est de rigueur. Les ouvertures se font principalement sur la façade bien exposée, les autres sont aveugles. L’utilisation de matériaux durables en fait un mode de construction limitant les déperditions de chaleur de manière significative. L’isolation des murs extérieurs est de 40 cm et 35 cm sous les toits (18 cm centimètres suffisent en Belgique, hors passif). Le triple vitrage est encouragé (imposé dans certaines constructions) pour une meilleure isolation thermique et phonique de l’ensemble de l’habitation.
La mise en vente de petites parcelles est largement pratiquée afin de multiplier les investisseurs publics et privés et de diversifier les types d’habitats locatifs et acquisitifs soumis à une densification importante du bâti composé de maisons mitoyennes, immeubles à 5 étages avec cour, logements sociaux, communautaires, colocation étudiants/travailleurs,…. La diversité de ces habitations va de pair avec des logements plus petits. La grande majorité des maisons possèdent un toiture végétale. Ces toitures sont un très bon isolant qui maintient la chaleur en hiver et protège du froid en hiver. La hauteur des bâtiments est limitée (pas de pavillons car pas assez d’espace, ni de tours qui privent le voisinage d’ensoleillement). Elle permet d’éviter le désagrément de faire de l’ombre aux constructions voisines et favorise de la sorte le rayonnement maximal du soleil même lorsque celui-ci est de faible intensité et de courte durée en hiver. Les petits immeubles ont souvent la forme de cubes et les façades sont généralement habillées de bardage de bois et arpentés d’escaliers extérieurs, ce qui dispense de l’entretien de paliers fermés à chauffer et à entretenir. Les bâtiments doivent répondre au label habitat basse énergie, ce qui correspond en moyenne à des consommations 7 fois moins importantes que celles que nous connaissons en Belgique. Une attention particulière est portée aux ponts thermiques notamment lors de la pose des terrasses afin de ne pas permettre la propagation du froid extérieur à l’intérieur des logements. Généralement, en cas de besoin, de petites installations « légères » de cogénération apportent un chauffage d’appoint à des groupes de 4 à 5 logements. L’habitat économe au niveau de sa consommation d’énergies représente un surcoût de 10% au moment de la construction mais, grâce aux économies d’énergie de l’ordre de 20%, l’amortissement est possible au bout de dix ans.

2. Répartition des logements et de leur agencement et des services de proximité
Pour le quartier Rieselfeld, les logements se répartissent comme suit : 50% des logements sont sociaux, 20% en copropriété et autant en logements locatifs. Cette variété de formules différentes permet davantage de mixité sociale en offrant des logements dont la taille et le loyer divergent. Les publics visés en priorité sont les nombreux jeunes ménages. Peu d’habitations à destination des ménages à une seule personne et spécifiques aux personnes âgées sont mis en fonction. Une maison de repos existe à Vauban ; tout y est calculé pour que les déplacements des autres générations s’effectuent à proximité de l’emplacement de la maison de repos afin de multiplier les contacts. La maison est reliée par une passerelle à d’autres bâtiments ; une crèche y est installée à proximité, de même qu’une école.
La réglementation autorise des sociétés privées à construire du logement social avec à la clé des subsides à la construction si le promoteur s’engage à ce que les logements restent accessibles aux locataires sociaux durant 10 ans. Au-delà de cette période, le propriétaire peut en modifier l’affectation. Ces incitants garantissent la construction permanente de logements accessibles aux plus démunis. La loi communale oblige les commerces de première nécessité à s’installer au sein des quartiers. C’est possible grâce à l’importante concentration de l’habitat qui permet la viabilité de ceux-ci.

3. L’espace est découpé en îlots
L’espace découpé en îlots est bordé de logements permettant à ses occupants de bénéficier d’une vue sur une grande partie de l’intérieur de l’îlot. Les parents peuvent voir les enfants de leur habitation.
L’aménagement de plaines de jeux au sein de ces multiples petites parcelles incite les enfants à s’amuser dans leur quartier et à y circuler en toute sécurité. De nombreux espaces verts et l’importante végétation agrémentent les cœurs du quartier, donnant de la profondeur et une certaine intimité aux îlots. La présence de végétation abondante entre la rue et les nombreuses baies vitrées préserve l’intimité des logements du regard de la rue et des vis-à-vis. L’espace public est dessiné comme un grand terrain dans lequel le jeu des enfants est parfaitement intégré. Ils peuvent jouer ensemble, acquièrent une autonomie qui donne un sentiment de liberté. Le visiteur est surpris de voir autant de groupes de petits enfants circuler seuls dans les rues du quartier, même sur les grands axes. La généralisation des rues étroites dissuade les voitures de circuler et de se garer dans les quartiers d’habitation, ce qui renforce l’impression de sécurité.

4. Limitation des distances et politique des déplacements
Pour limiter les distances, l’un des principes du quartier durable est de mélanger les diverses fonctions du quartier : habitat, entreprises, services sont implantés à proximité. Pas plus de 300 à 700 m de distance entre les commerces (qui ont créé plus de 1000 emplois) et le quartier, les écoles par exemple. Les courtes distances sont de mise pour encourager les résidents à se déplacer à pied ou à vélo. Les deux roues sont très souvent équipés d’une remorque qui facilite le transport des enfants comme des courses et des objets lourds comme les casiers et les bouteilles en verre. Au-delà de ces courtes distances, le quartier offre une place à la mixité effective des fonctions habitat et emplois. Autre exemple, l’église sert à la fois au culte catholique et protestant mais aussi de salle de concert, de piste de danse, de salle de conférences, de salle des fêtes,… Le gymnase a été installé à proximité de l’école maternelle, du collège, de l’église, de la médiathèque, du théâtre et des commerces regroupés dans un périmètre restreint. La politique des déplacements prônée veut que le tram reste la colonne vertébrale du quartier. 1/3 transports en commun (un tram toutes les 7,5 min ; gratuité des transports pour les étudiants à partir de 19h30, formules d’abonnements annuels non nominatifs et qui peuvent donc être partagés dans la famille et entre voisins, …), 1/3 à pied (larges trottoirs sécurisés, tranchées d’eau entre le tram et le trottoir pour sécuriser les piétons et éviter les accidents aux jeunes usagers faibles), 1/3 en voiture (celle-ci est rejetée à l’extérieur du quartier, vitesse limitée à 5 km heure au sein des quartiers d’habitations). La ville dispose d’un réseau de 500 km de pistes cyclables et de 40 km de voies pour les trams. Cette politique des transports en commun donne pour résultat 18 voitures à Rieselfeld pour 100 habitants alors que les autres quartiers de la ville en sont à plus de 35 voitures pour 100 habitants. Pour favoriser les déplacements en utilisant le moins possible la voiture, il faut un quadrillage du quartier qui raccourcit les distances au moyen de cheminements sécurisés, éclairés et praticables en toute saison. A défaut de stationnement, chaque immeuble ou commerce dispose d’abris fermés pour vélos. Les parkings sont rejetés en périphérie du quartier dans des silos souterrains. Ces choix, pour être acceptés, demandent une négociation avec les futurs habitants bien avant leur installation dans le quartier.

5. Implication des habitants par la participation
Le regroupement d’habitants au sein de « groupes de construction » est fréquent : ces groupes de futurs habitants achètent ensemble un terrain, en définissent les plans, assurent le suivi des travaux, ce qui leur permet de tisser des liens et de faire des économies d’échelle en effectuant des achats groupés d’équipements (chauffage, entretien des jardins,...). En s’investissant de la sorte, les habitants se sentent responsables de leur quartier et respectent davantage les aménagements qu’ils ont conçus et souvent aménagés pour faire des économies tout en créant des liens entre eux. L’entraide, les collaborations voient le jour et, de cette manière, tiennent plus facilement le coup dans la durée. Autre exemple : comme les projets de construction prennent en moyenne deux ans pour aboutir, les futurs habitants commencent par se rencontrer et former un groupe ; chacun va s’inscrire auprès du promoteur propriétaire du terrain. Le terrain ne leur sera vendu que lorsque le groupe complet sera prêt et que les formalités auprès du notaire auront été effectuées. Le groupe, durant ce temps d’attente, se réunira tous les mois et jusqu’à une fois par semaine lorsqu’il s’agira de préciser le projet et de choisir quel genre de maison sera construite. Un four collectif a été installé par les autorités communales dans un des quartiers durables à la demande des habitants qui l’activent ensemble une fois par semaine. Outre l’activité culinaire pour laquelle il a été construit, le four est un lieu de rencontres et d’échanges. La plupart des aménagements sont ainsi décidés collectivement. Des crèches sont installées confortablement dans des containers revêtus de bardage de bois, l’ensemble de la structure peut ainsi déménager facilement et rapidement dans un autre quartier lorsque la population sera demandeuse d’autres services. La publication d’un forum internet au plan communal est permanente. Le site met en relation les élus et les habitants pour répondre aux questions et propositions. Il renseigne aussi toutes les primes possibles. Des tests énergétiques sont proposés pour estimer les consommations domestiques à tout ménage. Lorsque les données ont été enregistrées, des solutions sont proposées aux habitants pour améliorer les performances énergétiques de leur logement. En support aux informations dispensées par le site de la ville, des foires régulières ainsi que des salons techniques illustrant l’isolation efficace, comme les informations récurrentes sur les primes et prêts possibles, sont des moyens mis à disposition pour informer la population et inciter celle-ci à se familiariser avec les nombreuses applications domestiques possibles qui lui feront économiser ses ressources. A ce titre, la villa solaire Héliotrope est l’une des premières réalisations (1994) qui donne l’exemple concret d’un habitat économe et illustre les techniques qui peuvent soulager les factures énergétiques des ménages. L’innovation comme vecteur de généralisation est souvent employé par Fribourg pour argumenter ses choix et faire profiter ses habitants d’innovations qui leur semblent d’autant plus à leur portée.
Pour aider à l’information récurrente et pertinente, la ville assure également la formation et la rétribution d’un habitant référent par pâté d’immeubles qui a pour mission d’informer les autres occupants de l’immeuble des possibilités qui s’offrent à eux pour améliorer les performances énergétiques de leur logement aussi bien que des possibilités de changements comportementaux pour maximaliser les économies du ménage (tri et collectes, recyclage, achats collectifs, valorisation de la consommation de produits locaux,…).

6. La place de l’eau
Le recyclage de l’eau de pluie est généralisé pour l’arrosage des jardins et les chasses d’eau des toilettes. Le lagunage des eaux de pluie, la récupération de celles-ci pour l’arrosage des jardins et la généralisation des chasses d’eau de pluie pour les toilettes dans les écoles et lieux publics contribuent aussi à augmenter les économies d’énergie et à encourager la pratique de nouvelles habitudes. Les bâtiments publics, à ce titre, montrent l’exemple à l’ensemble des communautés.
L‘ensemble des caractéristiques du quartier attirent les familles avec jeunes enfants qui sont la cible avouée des autorités locales car majoritairement présentes dans la population. La prise en compte des attentes et besoins des familles au sens large et prioritairement des femmes qui travaillent, des personnes âgées et à mobilité réduite demeure une préoccupation majeure.

Et pour les habitants des autres quartiers de la ville ?
Les cités HLM et les bâtiments publics rénovés le sont selon les principes écologiques qui favorisent les économies d’énergie : panneaux photovoltaïques, isolation de l’entièreté des bâtiments, installation de triple vitrage, suppression des balcons pour agrandir les logements et les réaménager,…
Un site internet, comme nous l’avons dit précédemment, est accessible à tous les Fribourgeois qui souhaitent calculer les performances énergétiques de leur habitation. Le site peut leur proposer un certain nombre d’améliorations et leur donner une idée de l’investissement que représenterait l’installation de panneaux solaires. Si les opérations proposées ne s’avèrent pas rentables ou que le propriétaire n’est pas en mesure de financer ces investissements, il se voit proposer des alternatives. En effet, ces personnes peuvent néanmoins investir dans des projets collectifs comme l’installation de panneaux solaires sur la toiture du stade de football. Les abonnements au stade sont couplés à l’achat de parts de coopérateur qui financent l’installation solaire du stade. Même principe pour le collège de la ville qui a lancé une souscription pour s’équiper lui aussi de panneaux solaires et chauffer l’ensemble de l’établissement de cette manière. Le comité des parents a lancé l’idée et ce sont les étudiants qui gèrent le projet, ce qui leur permet de se familiariser dès le plus jeune âge à ces projets solidaires. Chacun peut donc s’impliquer et s’investir en fonction de ses moyens. Aujourd’hui, plus de 500 habitants de Fribourg ont ainsi investi à ce jour dans la réalisation de 6 turbines à vent situées aux portes de la ville. Les autorités communales ne négligent aucune initiative pour l’environnement, sa préservation et ses retombées favorables pour le portefeuille des ménages et leur qualité de vie. Le développement durable est devenu le business de cette ville dans laquelle les opérations de marketing ne manquent pas. ...

Conclusion
Pour opérer des changements significatifs au sein d’un quartier durable et les pérenniser, il est nécessaire de travailler plusieurs axes de réflexion et d’action en ayant à l’esprit que les solutions durables mises en œuvre, quelles qu’elles soient, doivent être en lien étroit avec le lieu et le milieu dans lesquels ils sont amenés à se déployer. Pas de solution unique mais des réponses existent en fonction des particularités de chaque territoire à transformer. Cependant des choix subsistent : adapter les modes de transport en refusant le tout à la voiture ; développer le circuit de l’eau par du lagunage et la récupération des eaux de pluie et l’écoulement de celle-ci via les fossés pour réalimenter les nappes phréatiques ; travailler sur l’isolation et la densification des habitations, premier moyen pour répondre davantage aux besoins de la population en termes de services et de montant de loyers raisonnables ; moderniser les infrastructures et services ; travailler la consommation locale ; attirer les investisseurs et les entreprises qui développent les énergies renouvelables dans les applications de la vie quotidienne ; susciter la participation des citoyens et permettre leurs rencontres pour développer à la fois des espaces de créations individuelles et collectives soutenues par les autorités,… Voici quelques-unes des mesures à prendre pour installer ce concept novateur dans nos quartiers et à la fois soulager le portefeuille des ménages et protéger notre environnement pour les générations futures.

Bibliographie :

fr.wikipedia.org/wiki/Fribourg-en-Brisgau
fr.myeurop.info/2010/.../fribourg-en-brisgau-la-cite-ideale-92...
www.frequenceterre.com/chroniques-environnement-100311-1201-... archicaro.pagesperso-orange.fr/vauban%20accueil.htm energy-cities.eu/IMG/pdf/Ecoquartiers_Vauban.pdf
www.ate-ge.ch/index.php ?option=com_content&task...id..
www.eco-habitat-conseil.fr/page-81-eco-quartier-Vauban-a-Fribourg... Villesentransition.net

Jean-Michel Degraeve. Habiter en quartier durable. Pratiques et stratégies d’action pour un nouvel ancrage local du logement. 2011. Région wallonne.

Bovet PH. Ecoquartiers en Europe »Ed terre Vivante, Paris. 2009

Publié le mardi 8 mars 2011 par UCP

UCP, mouvement social des aînés